Quelle est l’importance des pesticides pour garantir la sécurité alimentaire ?

Des initiatives politiques visent à faciliter l'utilisation des produits phytosanitaires en Suisse.
Sans cela, l'approvisionnement de la Suisse en denrées alimentaires serait menacé.
Mais les faits ne corroborent pas cette affirmation, ils la démentent.
La culture du colza en Suisse : encouragée par des subventions, intensive en pesticides et inutile pour la sécurité alimentaire. Photo : Solène Schaub (2025)

L'essentiel en bref:

  • Une production nationale élevée augmente le taux d’autosuffisance alimentaire, mais pas la sécurité d’approvisionnement et encore moins la sécurité alimentaire.
  • L’utilisation de pesticides dans l’agriculture suisse contribue de manière insignifiante à la sécurité alimentaire de la population suisse.
  • Les cultures agricoles délicates telles que la betterave sucrière et le colza, où l’absence de pesticides entraîne des rendements plus faibles et incertains, ne garantissent pas l’alimentation, mais la rendent plus chère.
  • Aujourd’hui, la majorité des exploitations spécialisées dans la viticulture, la culture fruitière ou maraîchère et qui bénéficient peu des paiements directs dépendent de manière existentielle des produits phytosanitaires de synthèse. Il y a là matière à réfléchir et à agir.
  • La politique agricole reste avant tout une politique de revenus, créant des incitations inappropriées et freinant le développement d’une production alimentaire utilisant un minimum de pesticides.

L’association SansPoison demande :

Pour garantir l’alimentation de la population suisse, la production nationale ne doit pas être aussi élevée que possible, mais adaptée aux conditions locales, assortie d’une utilisation minimale de pesticides, qui préserve les sols, l’eau et la nature et les conserve pour l’avenir.
Il faut avant tout le marché.

Mise en contexte : l’augmentation des autorisations de pesticides menace en Suisse

Le 1er décembre 2025, le Conseil fédéral a mis en vigueur la révision totale de l’ordonnance sur les produits phytosanitaires (OPPh). Elle permet une autorisation simplifiée des produits phytosanitaires qui sont autorisés dans l’un de nos pays voisins.
Il est donc probable qu’à l’avenir, la Suisse autorise davantage de pesticides que n’importe quel autre pays de l’UE.
L’autonomie de la Suisse en matière de protection de la santé et de l’environnement s’en trouve affaiblie ; pour l’association SansPoison, il s’agit là d’un recul inquiétant (voir l’article sur la nouvelle ordonnance).

Selon le Conseil fédéral, l’objectif poursuivi par le conseiller national Phillip Bregy dans l’initiative parlementaire 22.441 (iv. pa.) est largement atteint grâce à la révision totale de l’OPPh.[1] En 2022, Bregy avait déposé cette initiative sous le nom trompeur : « Une protection des plantes modernes, c’est possible ». L’autorisation facilitée des pesticides est donc déjà une réalité en Suisse, avec des conséquences potentiellement négatives pour notre santé et l’environnement (voir la série d’articles sur les effets de l’iv. pa. Bregy sur la santé).

L’iv. pa. Bregy estime que de nouvelles mesures de soutien agricole sont nécessaires « afin de pouvoir garantir une part minimale d’auto-approvisionnement [sur le territoire suisse] ».[2] Mais cette revendication politique est-elle justifiée ? Notre analyse explore deux questions :

  1. Dans quelle mesure la production agricole nationale contribue-t-elle à garantir l’approvisionnement alimentaire de la population suisse ?
  2. Quelle est l’importance des produits phytosanitaires pour la production agricole nationale ?

Pour ce faire, trois notions sont d’abord examinées et clarifiées : la sécurité d’approvisionnement, le taux d’autosuffisance alimentaire et la sécurité alimentaire.

Définitions I : sécurité d’approvisionnement et taux d’autosuffisance alimentaire

Plus l’agriculture suisse produit, plus elle contribue à la sécurité d’approvisionnement ? Un tel lien semble plausible, mais il est faux, car l’agriculture suisse est intégrée dans les marchés agricoles internationaux et dépend de manière existentielle des importations. Sans importations, il n’y aurait pas d’œufs suisses, pas de poulets suisses, pas de sucre suisse ni d’huile de colza suisse.

Le concept trompeur selon lequel « plus le pays produit de calories, plus la sécurité d’approvisionnement est élevée » sert également de base à celui de taux d’autosuffisance alimentaire TAA (voir encadré), qui s’élève à environ 50 % selon les statistiques agricoles. Bien que le TAA ne soit pas adapté pour décrire la sécurité d’approvisionnement en denrées alimentaires de la Suisse, elle constitue un objectif politique.

Le taux d’autosuffisance alimentaire – une construction statistique

Le taux d’autosuffisance alimentaire (TAA) est calculé à partir du bilan alimentaire.[3]
Il fournit des informations sur le rapport entre les calories produites et les calories disponibles (hors achats à l’étranger). Mais il y a deux principales lacunes : premièrement, le TAA occulte la dépendance existentielle de l’agriculture vis-à-vis des importations d’aliments pour animaux, d’engrais, de pesticides, de semences, d’animaux, d’antibiotiques et de machines. Deuxièmement, le TAA néglige ce que la population demande et mange réellement. Il augmente ainsi lorsque la production de pommes de terre s’accroît, même si ces pommes de terre ne sont pas consommées, mais données aux animaux à cause d’une demande insuffisante. Le concept statistique de TAA n’est pas adapté pour quantifier la contribution de la production agricole indigène à la sécurité d’approvisionnement alimentaire de la population suisse.

L’autosuffisance est une illusion, et un taux d’autosuffisance élevé est non seulement trompeur, mais aussi néfaste. Bien que la population ait plus que doublé depuis 1900, l’agriculture suisse a réussi à maintenir le TAA entre 50 et 60 % en produisant toujours plus de calories, notamment du sucre, sur des surfaces de plus en plus réduites, malgré une pollution croissante. Avec la production subventionnée de betteraves sucrières, le TAA a été « gonflé » de près de dix points de pourcentage. Au XXe siècle, le TAA a atteint par deux fois 70 %, et dans les deux cas, cela correspondait à une situation peu réjouissante : pendant la Seconde Guerre mondiale, en situation de rationnement et de pénurie, et dans les années 1980, avec les excédents coûteux de lait, de céréales à pain et de viande de porc.

Une nouvelle initiative populaire au titre trompeur « Pour une alimentation sûre » vise à augmenter le TAA à au moins 70 %.[4] Cette revendication semble être corroborée par les résultats de modèles récemment publiés par le FiBL, l’ETH Zurich et Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.[5] Les chercheurs ont calculé un TAA de 70 à 100 %, assorti au passage d’une réduction de l’impact sur l’environnement. Une étude antérieure d’Agroscope est parvenue à une conclusion similaire.[6]

Les modèles ne prennent en compte que le potentiel de production (mais ne tiennent pas suffisamment compte de la dépendance de la production nationale à l’égard des importations). La demande et les préférences de la population ne sont pas prises en compte, et le contexte politique, économique et social est totalement ignoré (voir encadré).

Une autosuffisance sans humains ?

Le taux d’autosuffisance n’est pas une fin en soi. Il est utilisé comme indicateur approximatif – bien qu’inapproprié – de la sécurité d’approvisionnement. Les résultats du modèle en termes de calories, de protéines et de graisses rappellent les rations totales mélangées (RTM) pour les animaux d’élevage ; ces dernières n’étant pas adaptées aux besoins naturels des animaux. Si la politique agricole s’orientait vers de tels modèles, soit la production serait complètement déconnectée de la demande, soit les gens ne pourraient pas choisir eux-mêmes leur alimentation.

Définitions II : sécurité alimentaire

Face aux interprétations erronées largement répandues concernant le taux d’autosuffisance alimentaire, l’introduction en 2017 d’un nouveau terme dans la Constitution fédérale a constitué une avancée historique : celui de sécurité alimentaire (voir encadré). L’article constitutionnel 104a a été accepté par 78,7 % des votants et par tous les cantons.

Art. 104a Sécurité alimentaire (en allemand). Source : Constitution fédérale du 18 avril 1999 (version du 3 mars 2024). Capture d’écran. [7]

Selon une définition reconnue au niveau international et en Suisse, la sécurité alimentaire est garantie lorsque tous les êtres humains ont accès à tout moment à une alimentation suffisante et équilibrée leur permettant de mener une vie active et saine.[8] On distingue quatre dimensions :

  1. Disponibilité physique (anglais : availability) : comprend l’offre alimentaire provenant de la production, du stockage et du commerce net.
  2. Accès économique et physique (anglais : access) : les denrées alimentaires sont disponibles et abordables pour les ménages.
  3. Utilisation (anglais : utilization) : les denrées alimentaires sont sûres et couvrent les besoins nutritionnels.
  4. Stabilité (anglais : stability) : l’alimentation est assurée lorsque les trois dimensions que sont la disponibilité, l’accès et l’utilisation sont remplies de manière durable.

L’agriculture suisse contribue de manière limitée à la sécurité alimentaire de la population suisse, c’est-à-dire à la disponibilité, à l’accès et à l’utilisation des denrées alimentaires à tout moment. Un commerce largement organisé par le secteur privé est la condition préalable la plus importante pour que toutes les personnes vivant en Suisse aient à tout moment accès à une alimentation suffisante et équilibrée leur permettant de mener une vie active et saine.

L’importance des produits phytosanitaires pour la production nationale est surestimée

Quels sont les produits agricoles qui dépendent des produits phytosanitaires et dans quelle mesure ?
On manque de données fiables. Selon l’Union suisse des paysans et l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), il existe une centaine de lacunes dans la protection des cultures, mais celles-ci ne sont pas précisées. La stratégie pour une protection durable des cultures 2035, actuellement en cours d’élaboration par l’OFAG et disponible sous forme de projet, ne contient pas les informations essentielles permettant d’évaluer l’importance d’un prétendu manque de produits phytosanitaires et l’urgence supposée des autorisations dites d’urgence. Ainsi, nulle part n’est précisé quels types de culture et quels organismes nuisibles concrets présentent des lacunes phytosanitaires, dans quelle mesure l’absence de produits phytosanitaires entraîne des fluctuations de production et de rendement, ni quels dommages financiers concrets en résultent pour quelles exploitations. Agroscope travaille certes sur un projet visant à étudier les conséquences de la suppression des produits phytosanitaires.[9] Cependant, selon une récente demande adressée à Simon Oberholzer de l’Agroscope, une publication n’est pas prévue avant 2027.[10]

Les données disponibles permettent toutefois d’évaluer l’importance des produits phytosanitaires pour la production nationale. Ainsi, depuis plus de 100 ans, l’agriculture suisse est spécialisée dans la production animale. En 2024, par exemple, sur une valeur de production totale de 12 milliards de francs suisses, 51 % provenaient de la production animale et (seulement) 28 % de la production végétale (hors plantes fourragères produites et réutilisées dans l’exploitation, comme le fourrage grossier).[11]

La production animale dépend peu de l’utilisation de produits phytosanitaires en Suisse. En effet, les prairies et les cultures fourragères (par exemple, le maïs et l’orge) sont relativement peu sensibles aux maladies et aux ravageurs, c’est pourquoi seule une petite partie des produits phytosanitaires peut être imputée à la production animale. En outre, une partie importante des aliments pour animaux est importée. Sans ces importations, seule la moitié environ de la quantité actuelle de viande pourrait être produite.[12]

La majeure partie des pesticides est utilisée dans la culture végétale qui, malgré des subventions élevées, représente moins d’un tiers de la valeur de production de l’agriculture suisse. Les rendements de la production biologique, qui renonce déjà aujourd’hui aux produits phytosanitaires chimiques de synthèse, permettent d’estimer dans quelle mesure la production végétale diminuerait en termes de quantité si l’on utilisait moins ou pas du tout ces produits. Les rendements de l’agriculture biologique sont en moyenne inférieurs d’environ un tiers à ceux de la production conventionnelle ou PER (prestations écologiques requises).[13]

Les cultures arables gourmandes en produits phytosanitaires, telles que la betterave sucrière et le colza, ne contribuent pas à la sécurité alimentaire.

Les cultures particulièrement délicates que sont la betterave sucrière et le colza sont principalement cultivées en Suisse parce qu’elles sont fortement subventionnées, bien qu’elles ne contribuent pas à la sécurité alimentaire, car ces deux cultures dépendent entièrement des importations. Certains sites sont plus propices à la production de sucre et d’huiles végétales, tant du point de vue des conditions écologiques que socio-économiques. La culture intensive en Suisse est particulièrement nocive pour l’environnement à cause de l’utilisation massive de pesticides et n’est pas viable économiquement en raison des subventions extrêmes, qui constituent en fait un dumping des prix. Les autorisations spéciales accordées pour les produits phytosanitaires montrent à quel point les betteraves sucrières et surtout le colza sont sensibles aux maladies et aux ravageurs : en 2024, 55 % des surfaces traitées concernaient le colza (voir encadré et illustration 2).

Autorisations spéciales pour l’utilisation de produits phytosanitaires

Une autorisation spéciale est accordée pour traiter les cultures avec des pesticides qui ne seraient normalement pas autorisés dans le cadre des prestations écologiques requises (PER). Selon l’OFAG, 4 959 autorisations spéciales ont été accordées en 2024 pour une superficie totale de 21 838 hectares.[14] 86 % des autorisations spéciales ont été accordées pour l’utilisation d’insecticides dans la culture de pommes de terre, de colza ou de betteraves sucrières et concernaient 82 % de la superficie traitée (voir illustration 1).[15]

Illustration 1 (en allemand): Autorisations spéciales en 2024 par culture et surface. Les hachures indiquent le type de produits phytosanitaires : remplies = insecticides, rayées horizontalement = herbicides, rayées en diagonale = sans catégorie. Traduction des types de culture (axe y) de haut en bas : Céréales; Légumes de plein champ, cultures arables et prairies permanentes; Autres; Légumes; Autres; Betteraves sucrières; Pommes de terre; Colza. Graphique réalisé à partir des données du rapport agricole 2025, tableau 12.

Les exploitations spécialisées dans la culture maraîchère, la culture fruitière et la viticulture sont les premières à dépendre des pesticides.

La plupart des agriculteurs suisses tirent la majeure partie de leurs revenus non pas de la production, mais des paiements directs et d’activités extérieures à l’agriculture. La situation est différente pour les exploitations spécialisées dans la culture maraîchère, l’arboriculture fruitière et la viticulture, qui tirent leurs revenus principalement de la production. Dans ces exploitations, les paiements directs constituent une petite partie du revenu. Dans le même temps, le nombre d’applications de produits phytosanitaires et les quantités de substances actives utilisées sont les plus élevés dans ces exploitations, comme le montre le monitoring agro-environnemental.[9] La culture des fruits à pépins et la viticulture arrivent en tête en termes de nombre d’applications et de quantités de substances actives utilisées, en particulier pour les fongicides. Environ un tiers de tous les produits phytosanitaires utilisés en Suisse sont des fongicides destinés à la vigne.

En 2024, la valeur de production des cultures spéciales s’élevait à 2,6 milliards de francs suisses, soit 21 % de la valeur totale de la production agricole. Les légumes frais occupaient la première place (760 millions de francs), suivis des plantes et des fleurs (720 millions de francs), des raisins et du vin (670 millions de francs) et des fruits frais (410 millions de francs). Alors que l’on dispose de chiffres représentatifs sur l’utilisation des produits phytosanitaires dans la culture fruitière et la viticulture, ceux-ci font défaut dans le domaine de la culture maraîchère.[16] Or, ce sont ces exploitations spécialisées qui dépendent le plus des produits phytosanitaires, comme le prouvent les homologations d’urgence (voir encadré).

Homologations d’urgence

En 2025, sur les 39 homologations d’urgence délivrées par le service d’homologation des produits phytosanitaires de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), environ 80 % (35 sur 45 applications) concernaient des cultures spéciales : 16 pour les légumes, 10 pour les baies et les fruits, 4 pour la vigne, 3 pour les noisettes et les noix et 2 pour les plantes ornementales.[17]

Les résidus de pesticides sur les fruits et légumes suisses sont « normaux ». C’est ce que démontrent les analyses de résidus réalisées par Qualiservice, le « centre suisse de compétence pour tout ce qui a trait à la qualité dans la filière des fruits, légumes et pommes de terre ». Selon les analyses de résidus effectuées par le service d’analyses Sogur, moins de 5 % font l’objet d’une réclamation, mais la moitié des échantillons contrôlés contiennent des résidus de pesticides (voir illustration 2).

Illustration 2 (en allemand) : Analyses des résidus Qualiservice pour les produits du service d’analyses Sogur. ndt: Le tableau est une comparaison des résultats des cinq dernières années. Titres des colonnes de gauche à droite : Nombre total d’échantillons; taux de non-conformité; échantillons sans résidus. Source : Rapport annuel 2024, page 8 (capture d’écran). [18]

Conclusion

La Suisse ne dispose pas de surfaces suffisantes ni des conditions écologiques et climatiques nécessaires pour couvrir en permanence une part substantielle des besoins alimentaires de sa population. La sécurité alimentaire est garantie par le commerce, et non par une production nationale aussi élevée que possible, ce qui, en Suisse, implique une utilisation intensive de pesticides. Au contraire, une production nationale intensive met en péril les ressources naturelles et donc non seulement la santé de la population, mais aussi les conditions de production agricole.


[1] Schweizerischer Bundesrat (2025). Stellungnahme vom 22. Oktober 2025 zum Bericht der Kommission für Wirtschaft und Abgaben des Nationalrates vom 18. August 2025 zur Parlamentarischen Initiative «Modernen Pflanzenschutz in der Schweiz ermöglichen». BBl 2025 3301: https://www.fedlex.admin.ch/eli/fga/2025/3301/de (consulté le 29.11.2025)

[2] Das Schweizer Parlament: Modernen Pflanzenschutz in der Schweiz ermöglichen (consulté le 2.12.2025)

[3] Zur Methode siehe Agristat (2025). Statistische Erhebungen und Schätzungen über Landwirtschaft und Ernährung. Kapitel 7 Nahrungsmittelbilanz: https://www.sbv-usp.ch/fileadmin/sbvuspch/04_Medien/Publikationen/SES/07_SES2024_Nahrungsmittelbilanz.pdf (consulté le 22.12.2025)

[4] Eidgenössische Volksinitiative «Für eine sichere Ernährung – durch Stärkung einer nachhaltigen inländischen Produktion, mehr pflanzliche Lebensmittel und sauberes Trinkwasser»: https://www.bk.admin.ch/ch/d/pore/vi/vis554.html (consulté le 22.12.2025)

[5] Bosshard, Andreas (2025). Effizienzsteigerungspotenziale der Schweizer Land- und Ernährungswirtschaft zur Verbesserung des Selbstversorgungsgrades. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH, Oberwil-Lieli.

Müller, Adrian; Augustiny, Eva; Amacker, Rahel; Walter, Achim; Keller, Beat; Bosshard, Andreas (2025). Wege zu einer markanten Erhöhung des Selbstversorgungsgrades bei weniger Umweltbelastung. Agrarforschung Schweiz 16: 212–224.

[6] Zimmermann, A., Nemecec, T., & Waldvogel, T. (2017). Umwelt- und ressourcenschonende Ernährung: Detaillierte Analyse für die Schweiz (Agroscope Science No. 55). Agroscope.

[7] Schweizer Bundesverfassung: https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1999/404/de#art_104_a (consulté le 2.12.2025)

[8] FAO, World Food Summit, 1996: «Food security exists when all people, at all times, have physical and economic access to sufficient safe and nutritious food that meets their dietary needs and food preferences for an active and healthy life.» Source : An Introduction to the basic Concepts or Food Security; https://www.fao.org/4/al936e/al936e00.pdf (consulté le 2.12.2025).

Schweizerischer Bundesrat (2015). Botschaft zur Volksinitiative «Für Ernährungssicherheit» vom 24. Juni 2015, S. 5759. https://www.fedlex.admin.ch/eli/fga/2015/1320/de (consulté le 2.12.2025)

[9] Baur, Priska (2025): Blogartikel «Trotz Vegi-Trend immer weniger pflanzliche Nahrungsmittel aus der Schweiz?» – Frage 4. (consulté le 2.12.2025)

[10] E-Mail-Korrespondenz mit Simon Oberholzer, 29.11.2025-1.12.2025

[11] Schweizer Bauernverband (2025). Kap. 11 Statistische Erhebungen und Schätzungen. Landwirtschaftliche Gesamtrechnung 2024. (consulté le 2.12.2025)

[12] Baur, Priska & Krayer, Patricia (2021). Schweizer Futtermittelimporte – Entwicklung, Hintergründe, Folgen.

Forschungsprojekt im Auftrag von Greenpeace Schweiz. Wädenswil: ZHAW. (consulté le 16.07.2025)

[13] Agridea (Hrsg.) (2025). Deckungsbeiträge 2025. Getreide, Hackfrüchte, übrige Ackerkulturen, Futterbau, Spezialkulturen, Tierhaltung. 165 S.

[14] Agrarbericht 2025: https://www.agrarbericht.ch/de/politik/direktzahlungen/vollzug (consulté le 2.12.2025)

[15] Eigene Auswertungen auf Basis der Statistik des Bundesamtes für Landwirtschaft. Agrarbericht 2025, Tabelle 12: Erteilte Sonderbewilligungen im Bereich Pflanzenschutz 2024: https://www.agrarbericht.ch/de/politik/direktzahlungen/vollzug (consulté le 4.12.2025)

[16] Zitiert im Blogartikel «Trotz Vegi-Trend immer weniger pflanzliche Nahrungsmittel aus der Schweiz?» – Frage 4 (consulté le 2.12.2025)

[17] Eigene Auswertungen auf Basis der Statistik des Bundesamtes für Lebensmittelsicherheit und Veterinärwesen: BLV (2025): Übersicht der Notfallzulassungen (consulté le 3.12.2025)

[18] Qualiservice (2025). Jahresbericht 2024, Seite 8: https://www.qualiservice.ch/jahresbericht.html (consulté le 22.12.2025)

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